L’Eglise et les dissections de cadavres humains au XIVème siècle

Le professeur était aidé d'un assistant qui découpait le corps pendant que lui même commentait.Un des leitmotivs de la série Inquisitio est l’opposition entre l’Église et la science, plus particulièrement la science médicale. Dans plusieurs épisodes, il est précisé, et même martelé, que l’Église interdit les dissections de cadavres…et de TOUT cadavre qu’ils soient humains ou animaux. Nous avons déjà abordé la question des animaux…Reste celle des cadavres humains.

La réponse n’est pas aussi simple que celle que donne la série. En  1300, le Pape Boniface VIII a publié une bulle dans laquelle il interdit le démembrements des cadavres. Cette déclaration s’inscrit dans un contexte de rites funéraires assez peu ragoutants. En effet lorsque des croisés mourrait loin de chez eux, on faisait bouillir le cadavre pour en récupérer les os. Ces derniers pouvait alors être renvoyé en Europe pour y être enterré. Le problème principal est apparu lorsque cette pratique est devenu une mode chez les nobles. Chacun prévoyant à l’avance la dispersion de ses organes pour des enterrements multiples.
Le pape Boniface VIII a donc voulu rappeler le respect dû au cadavre, mais à aucun moment il ne visait la dissection à visée légal ou scientifique.

Si nous regardons de près l’histoire de la médecine, nous voyons que la dissection s’est enveloppée petit à petit, et que l’Église en a même parfois été à l’initiative.

Tout d’abord le Pape Clément VI a, au début de la pandémie de peste « noire » en 1347, encouragé les médecins à pratiquer des autopsies afin de connaître l’origine de la maladie et de trouver un traitement1. Clément VI était installé en Avignon (trente ans avant le schisme) et c’est de là qu’il a prit cette notable décision. Nicolas Cuche commet donc une erreur en montrant dans Inquisitio qu’il est interdit de disséquer un cadavre de pestiféré.

D’autre part, le professeur Lyonnais Alain Bouchet, ancien Président de la SociétéFrançaised’histoire de la médecine, nous présente dans une conférence sur le sujet, que des autopsies étaient parfois pratiqués dans les Universités européennes, notamment françaises. Ces autopsies étaient le fait de médecins religieux qui furent appelés auprès des Papes…Cela au XIVème siècle au moment des évènements « décrits » par Inquisitio.

De ces dissections, nous en avons encore des traces sous la forme de planches les représentants. Appelées « leçons d’anatomie », elles étaient en possession des Universités de l’époque mais aussi des Princes. Le roi Philippe VI de Valois (1293-1350) en avait une. Les dissections n’étaient donc pas clandestines.

Nous pouvons citer le nom d’un de ces grands maîtres de l’anatomie : Guy de Chauliac (1300-1368) qui rédigea en 1363 les sept traités de La grande chirurgie. Cette œuvre imposante comprend de nombreuses illustrations de dissections auxquelles il a pour certaines participé… Chauliac a été formé à Montpellier et à Bologne où il a eu pour maître des médecins qui avaient pratiqué la dissection dont le célèbre Bertuccio. Chauliac était très connu de l’Eglise, il était lui-même chanoine du chapitre de Saint Just à Lyon et il a été appelé en Avignon auprès des Papes : Clément VI, Innocent VI et Urbain V. Ses expériences étaient donc connues du clergé et, rassurez-vous, Chauliac, de même que ses maîtres de Bologne et Montpellier, n’a pas fini sur le bucher.

L’histoire de la médecine contredit donc la vision très réductrice d’Inquisitio. Bien sur nous pouvons regretter que les propos de Boniface VIII aient pu parfois être mal-interprétés, mais à aucun moment on ne peut reprocher à L’Église d’avoir voulu freiner les connaissances médicales.

Pour en savoir plus :
les conférences d’histoire de la médecine de l’Université Lyon I.
l’histoire des dissections et de l’Église au moyen-âge en bande-dessinée.

1 : Stéphane Barry et Norbert Gualde, « La plus grande épidémie de l’histoire », L’Histoire, no 310, juin 2006, p. 47

Idée reçue : l’interdiction de disséquer un animal

Le premier épisode d’Inquisitio nous montre le médecin juif David de Naples disséquer un rat. La dissection est clandestine car ils redoutent que l’Église, à travers l’Inquisition, ne découvre cette pratique et les condamne au bucher. En effet, la série nous présente une Église interdisant toutes les dissections scientifiques qu’elles soient sur des cadavres humains ou animaux.

Faux ! En 1378, les dissections humaines étaient en effet rares, mais les dissections sur les animaux étaient courantes dans l’apprentissage des futurs médecins. L’historien de la médecine Alain Bouchet dans son cours sur les leçons d’anatomie sur les animaux mentionne que l’école de médecine de Salerne « si célèbre au Moyen-âge » avait adopté les dissections sur les animaux en suivant les préceptes de la médecine de l’antiquité, notamment de Galien.

L’École de médecine de Salerne, en Italie du Sud, a été la première grande institution médicale d’Europe. Elle était d’abord un monastère et elle est née sous la forme d’un dispensaire au IXème siècle. C’est l’évêque du lieu, Alfan qui a permis son développement au XIème siècle. Cette école, qui a recueillis les traités médicaux de l’antiquité (Galien, Dioscoride, Hippocrate…) mais aussi les traités arabes, était une institution…catholique.

Inquisitio ne précise pas si son héros « David de Naples » a étudié à Salerne… cela aurait pu se concevoir car David « de Naples » doit être originaire de cette ville qui se trouve à côté de Salerne… Donc ce personnage qui craint l’Inquisition pour ses dissections aurait appris chez des médecins chrétiens (religieux, mais aussi religieuse car les femmes pouvaient être médecins) à disséquer des animaux… Invraisemblable, et dommageable contradiction.

Pour en savoir plus : les conférences d’histoire de la médecine de l’Université Lyon I

 

Qui était Pierre de Luxembourg ?

Pierre de Luxembourg

La série Inquisitio nous montre un curieux personnage : un juvénile cardinal de 17 ans, illuminé et presque débile qui a la réputation de « faire des miracles » (alors que ceux-ci, bien évidemment, sont voulus par l’Eglise, qui paye des gens pour faire semblant de guérir). La série affirme qu’il s’agit de Pierre de Luxembourg… personnage ayant réellement existé, bienheureux de l’Eglise catholique et qui n’était en rien illuminé et « débile ». Bien au contraire, il s’agissait d’un esprit très brillant, très pieux, charitable et qui lutta contre le schisme. Voici son histoire :

Pierre, fils du comte Guy de Luxembourg et de la comtesse Mahaut de Châtillon, naquit au château de Ligny-en-Barrois, en Lorraine, le 20 juillet 1369. Orphelin très jeune, il fut envoyé dés l’âge de 8 ans à Paris pour étudier. Ce fut un élève précoce et brillant, aimant chanter et danser, mais aussi pieux et mystique, se confessant tous les jours, charitable envers les pauvres et pacificateur dans une université turbulente.

En 1380, pendant plusieurs mois, il fut livré en otage aux Anglais à Calais pour la libération de son frère aîné. Il avait à peine 15 ans quand il fut nommé évêque de Metz par l’entremise de son frère et il accepta par obéissance et à regret. Il a été nommé à cette charge par l’antipape d’Avignon Clément VII…Mais le Pape de Rome Urbain VI nomma lui aussi un évêque de Metz : Tilman Vuss de Bettenburg. Il y avait donc deux évêques concurrents pour ce diocèse… Situation dû au Grand Schisme d’Occident qui a divisé la chrétienté en deux.

Une accumulation de situations conflictuelles le contraignirent bientôt à abandonner son diocèse et à revenir dans sa ville natale. A la demande du Roi de France, il fut créé cardinal-diacre par le pape d’Avignon Clément VII, il reçut l’ordination diaconale à Pâques 1384 en la cathédrale Notre-Dame de Paris dont il était chanoine.

Selon le désir du pape, il se rendit à Avignon pour résider à la cour pontificale. Depuis six ans déjà, le grand schisme d’Occident divisait l’Église et le jeune cardinal, qui souffrait beaucoup de cette déchirure, fut tout ce qui était en son pouvoir pour y mettre un terme. Il s’imposait à cette fin des nuits en prière, des jeûnes et de très grandes mortifications en affirmant : « L’Église de Dieu n’a rien à attendre des hommes, de la science ni de la force armée, c’est par la piété, la pénitence et les bonnes œuvres qu’elle doit être relevée et elle le sera. Vivons de manière à attirer la miséricorde divine ».

Déjà marqué par la souffrance et par une santé chétive, il avait une grande dévotion pour la passion et la croix du Christ, qui lui valut la grâce d’une vision extatique de Jésus Crucifié au cours d’une visite à Châteauneuf-du-Pape. En 1386, sa santé donna de très sérieuses inquiétudes et il dut résider à Villeneuve, de l’autre côté du Rhône. Déchargé désormais de toute obligation, il allait prier longuement à la Chartreuse proche de sa demeure. Mais ses forces déclinèrent rapidement car le mal s’aggravait ; il restait cependant calme, patient, peu exigeant et toujours souriant. Alors qu’il n’avait pas encore tout à fait 18 ans, il mourut le 2 juillet 1387 en murmurant : « C’est en Jésus Christ mon Sauveur et la Vierge Marie que j’ai remis toutes mes espérances ». A sa demande, il fut enterré à Avignon dans le cimetière Saint-Michel des pauvres. Aussitôt les miracles se multiplièrent sur sa tombe et sa réputation de sainteté ne cessa pas de grandir, entraînant l’ouverture de son procès de canonisation. Néanmoins, par suite de diverses vicissitudes historiques, il ne fut béatifié que le 9 avril 1527 par le pape Clément VII. Ses reliques, conservées jusqu’à la Révolution dans l’église du Couvent des Célestins édifié pour les garder, sont vénérées depuis 1854 dans l’église Saint-Didier d’Avignon, à Châteauneuf-du-Pape et à Ligny-en-Barrois. Son chapeau cardinalice, sa dalmatique et son étole diaconale sont encore visibles en l’église Saint-Pierre d’Avignon.

Saint François de Sales, qui avait pour lui une profonde dévotion depuis son enfance, voulut venir prier sur son tombeau en novembre 1622, un mois juste avant sa mort, et il déclara alors : « Je n’ai jamais rien lu qui m’eût donné autant de confusion sur ma vocation ecclésiastique que la vie de ce jeune cardinal ».

Les sectes de flagellants au XIVème siècle

Dès 1350 les processions de flagellants furent interdites par le Pape et par le roi de France.

Le premier épisode de la série Inquisitio, nous montre furtivement un groupe de « flagellants ». Lorsque l’inquisiteur Barnal et son novice Silas font route vers Avignon, ils croisent dans les collines avoisinantes une procession d’hommes torse nus avec une cagoule pointue qui se fouettent le dos. Barnal longe le groupe, tourne sa tête encapuchonnée vers eux, et continue son chemin comme si de rien n’était.

Ce court passage pose un petit problème. En effet, en 1378 les groupes de flagellants étaient interdits, cela par le Pape Clément VI dès 1350. Ces groupes sont apparus peu après le début de la peste noire en 1348. Ils  parcouraient l’Europe en chantant des cantiques et en se fouettant pendant trente trois jours et demi soit autant de jours que d’années de la vie du Christ. Vêtus de longs vêtements marqués de croix, un capuchon sur la tête, ces pénitents estimés à 800 000 engageaient les populations à expier leurs fautes et à calmer la colère de Dieu dans une grande hystérie collective. Il s’agissait de fanatiques qui entraînaient la population dans d’épouvantables excès, notamment des massacres de Juifs et de lépreux, accusés par la foule d’avoir répandu la peste…

Clément VI a donc souhaité mettre un terme à cette folie en interdisant les sectes de flagellants et en protégeant les Juifs et les lépreux. Il a accueilli ces derniers sur son territoire du Comtat Venaissin.

Voici un extrait de cet appel pontifical: « déjà les flagellants sous prétexte de piété ont fait couler le sang des juifs que la charité chrétienne doit préserver et protéger… on peut craindre que par leur hardiesse et impudence, un grave degré de perversion ne soit atteint si des mesures sévères ne sont pas prises immédiatement pour les supprimer ». Cet appel fut entendu par le Roi Philippe VI qui, le 13 février 1350, ordonna « que cette secte damnée et réprouvée par l’Eglise cesse ».

Source : La Peste, fléau majeur par Monique Lucenet de l’Université Paris V.

Le costume du médecin de peste

La série Inquisitio nous présente des hommes de mains de Catherine de Sienne qui répandent la peste en Avignon. Ces hommes ont une curieuse tenue qui les protège de la peste : un masque avec un long bec et des hublots de verres, une longue tunique de cuir…Impressionnant ! Mais complètement anachronique ! Ce costume est le « costume du médecin de peste », le héros, David de Naples, en regarde une illustration dans un de ses livres. L’illustration utilisée dans le film date du XVII eme siècle comme celle de Paul Fürst qui est de 1656 (voir ci-dessous). Or l’action d’Inquisitio se déroule en 1378…

Grand anachronisme ! Le costume à bec a été inventé en France en 1619 par Charles de Lorme qui était médecin de Louis XIII : «le nez long d’un demi pied (16cm) en forme de bec, rempli de parfums n’a que deux trous, un de chaque coté à l’endroit des ouvertures du nez naturel ; mais cela peut suffire pour la respiration et pour porter avec l’air qu’on respire l’impression des drogues renfermées plus avant le bec. Sous le manteau, on porte des bottines, faites de maroquin (cuir de bouc et de chèvre) du levant, des culottes de peau unie qui s’attachent aux dites bottines et une chemisette de peau unie, dont on renferme le bas dans les culottes, le chapeau et les gants sont aussi de même peau… des bésicles sur les yeux.»

Pour en savoir plus, visitez le site « La peste, fléau majeur » de l’Université Paris V.

Le jugement de l’eau

Le quatrième épisode d’Inquisitio nous présente un « jugement de l’eau ». Nous voyons ainsi le médecin juif David de Naples, demander à subir ce supplice afin de prouver son innocence. Il doit ainsi être jeté dans une rivière, d’un haut d’un pont, avec les pieds attachés à une pierre. S’il flotte « contre nature », alors il est reconnu de « commerce avec le démon » et doit subir le bucher… S’il coule(!), il est reconnu innocent… tout en étant mort noyé. Mais son innocence sert à libérer son fils, qui est son défenseur.

Etrange procédure qui était peu utilisée par l’Inquisition. Cette coutume est aussi appelée « ordalie » ou « jugement de Dieu ». Elle est d’origine païenne et fut l’objet d’une controverse au sein de l’Eglise.

Le  juriste Arbois de Jubainville a étudié ces ordalies dans ses « Etudes de droit celtique » de 1895. Il décrit très finement leur origine païenne au sein de différents peuples : Celtes, Germains, Slaves et même Hindous. Voici un extrait de son oeuvre :

« Les Francs introduisirent en Gaule la coutume germanique. Au neuvième siècle, Hincmar, archevêque de Reims, dans son mémoire sur le divorce du roi Lothaire et de la reine Tetberge, mentionne le jugement de l’eau froide : « aquae frigidae judicium ». « L’eau », dit-il, accueille certaines personnes et par là les montre innocentes ; elle en rejette certaines autres et les prouve coupables ». Avant de précipiter dans l’eau l’accusé, on le liait avec une corde dont un bout restait entre les mains d’un des assistants ; cette corde servait à retirer de l’eau le patient avant que, faute d’air respirable, il eût perdu la vie et que d’un innocent il ne restât plus que le cadavre. Cette épreuve, entendue ainsi au rebours du système celtique, est restée en usage en Allemagne et en France jusqu’à la fin du seizième siècle.

La croyance dans le pouvoir magique de l’eau a fait créer non seulement le jugement de l’eau froide où l’accusé était jeté tout entier, mais aussi le jugement de l’eau bouillante où il ne mettait que la main.

Un des plus anciens exemples connus est donné par Grégoire de Tours, dans son livre intitulé : « In gloria martyrum ». C’est à propos d’une discussion théologique entre catholiques et ariens : deux ecclésiastiques, l’un orthodoxe, l’autre hérétique, voulurent recourir au jugement de l’eau chaude ou, comme on disait en Irlande et dans le monde germanique, du chaudron. Qu’on mette, dit l’un d’eux, un chaudron sur le feu ; que dans l’eau bouillante on jette un anneau, et que chacun de nous essaie de tirer cet anneau du chaudron.

Cette épreuve s’appelle, dans divers textes latins, « le chaudron », aeneum caldaria ; en bas allemand, ketelfang ; en Islande, ketilfang ; « acte de prendre dans le chaudron », est une expression consacrée. Nous trouvons en Irlande une métaphore analogue ; l’épreuve de l’eau bouillante s’appelle fir caire, « vérité du chaudron » ; le défendeur, contre lequel on exécute la procédure de la saisie, a droit aux délais les plus longs qu’on puisse exiger, quand pour un autre procès il a pris l’engagement de subir l’épreuve du chaudron ; littéralement, quand il est « l’homme sur lequel est liée la vérité du chaudron ».

L’eau bouillante dans laquelle l’accusé plonge la main a vu le crime, elle sait quel est le coupable, elle va répondre à l’appel qu’une incantation lui a préalablement adressé. De « jugement de Dieu », judicium Dei, il n’est encore pas question. L’eau est un des éléments visibles de ce monde, à la vengeance desquels, en Irlande, au cinquième siècle, le roi païen Loégairé s’est soumis d’avance pour le cas où il violerait son serment.

Ceux qui, plus tard, ont appelé « jugement de Dieu » l’épreuve de l’eau bouillante, croyaient à la justice de l’être unique et suprême qui a créé le monde, et comptaient trouver, dans le résultat de l’épreuve, une manifestation de cette justice aussi infaillible que toute-puissante ; en réalité, leur imagination avait cru découvrir, dans la religion moderne, une forme littéraire nouvelle et une sorte de voile pieux pour déguiser la barbarie d’une vieille institution qui dérive des croyances les plus anciennes du genre humain, et qui est la négation même du christianisme.

Agobard, archevêque de Lyon (813-840), a écrit un ouvrage « Contre l’opinion perverse de ceux qui croient que la vérité du jugement de Dieu est manifestée par le feu, par l’eau, par la lutte à main armée ». « Nulle part, fait-il observer, on ne voit, dans l’Écriture sainte, un accusé dire :

– Envoie un des tiens qui engagera avec moi un combat singulier, et qui, s’il me tue, prouvera ma faute envers toi ; ou fais chauffer du fer ou de l’eau que je toucherai des mains sans en ressentir aucun mal. Ni la loi divine, ni la loi humaine ne sanctionnent cette coutume que des hommes vains appellent « jugement de Dieu ». Serait-ce donc un jugement de Dieu, ce que jamais Dieu n’a ordonné ni voulu ? ».

La protestation d’Agobard resta longtemps sans effet. L’abus qu’il voulait faire disparaître avait de trop profondes racines. L’épreuve de l’eau bouillante est indo-européenne, on ne la trouve pas seulement chez les Celtes et chez les Germains, on a constaté son existence chez les Slaves, chez les Perses et chez les Hindous. »

Les grandes étapes de l’évolution intérieure de Catherine 3/3

Sainte Catherine de Sienne est une très grande mystique. La série Inquisitio nous présente une image inventée de Catherine qui est radicalement différente du véritable personnage. Le feuilleton la réprésente comme une fausse mystique usant de procédés chimiques (la mandragore) pour faire de faux miracles. Nous l’avons déja vu : ce n’est historiquement pas exact.

Le témoignage de Raymond de Capoue est éclairant sur ce sujet : il décrit une série d’expériences mystiques et de phénomènes que Catherine a connu. Ils ont tous été des grandes étapes de l’évolution intérieure de Sainte Catherine de Sienne. Voici la troisième partie du récit de ces grandes étapes.

Plus d’autre aliment que l’eucharistie

J’ai vu plusieurs fois ce faible corps que ne fortifiait aucune nourriture matérielle, seulement de l’eau, je l’ai vu réduit à la dernière faiblesse, si bien que nous attendions tremblant son dernier souffle. Se présentait-il alors une occasion de procurer la gloire du nom divin ou le salut des âmes, immédiatement ce corps défaillant recouvrait non seulement la vie mais des forces vraiment robustes pour sa condition. Catherine se levait, marchait, travaillait sans difficulté, plus que les personnes bien portantes qui l’accompagnaient, et défiait toute lassitude… Au temps où elle commença de vivre sans aliments corporels son confesseur lui demanda si parfois elle avait quelque désir de manger. Elle répondit : « Le Seigneur me rassasie de son très vénérable sacrement que je ne puis plus désirer aucune nourriture matérielle ». (II-5 p179)

Elle fait l’expérience d’une mort mystique

(II-6 p211-12) A cette époque la sainte eut l’âme remplie d’une telle abondance de grâces que sous le poids de son amour, elle devint toute languissante (p217 ne cessant de prier le Seigneur qu’il voulût m’enlever à ce corps de mort, pour me permettre de m’unir plus parfaitement à lui)  au point de ne pouvoir plus se lever…: « Ô mon Seigneur pourquoi permettez-vous que ce corps me prive plus longtemps de vos embrasements ? ». Le Seigneur répondait : « Quand j’étais parmi les hommes je n’ai pas eu souci de faire ma volonté mais celle du Père…et j’ai attendu avec patience jusqu’au jour fixé d’avance par mon Père. C’est pourquoi, toi aussi malgré ton souverain désir de m’être parfaitement unie, tu dois attendre patiemment jusqu’au temps que j’ai moi-même fixé ». Catherine : « accordez-moi alors de partager pendant ce temps toutes les douleurs que vous avez supportées ».(P216) Après que son corps eut été tourmenté (par les souffrances dela Passion) pendant plusieurs jours il perdit sans doute une partie de ses forces, mais dans l’âme de Catherine l’amour fut de beaucoup augmenté…La force de l’amour fut telle que son cœur se fendit… elle expira sous la seule violence de l’amour divin…(p217). De là il vous est facile de conclure que mon âme a été complètement séparée de mon corps. J’ai vu alors les secrets de Dieu…Ce qui me reste est une grande affliction…quand je considère combien j’ai dû descendre pour revenir d’un état si sublime à ma bassesse actuelle.« Cette expérience dela Passionme fit comprendre plus clairement et plus parfaitement combien mon Créateur m’avait aimée… ». Combien de temps son âme est-elle restée hors du corps? « Ceux qui ont été témoins de ma mort disent qu’il s’est écoulé quatre heures entre mon dernier soupir et ma résurrection… Tenez donc pour certain que mon âme a vu l’Essence divine, et c’est la raison pour laquelle je souffre d’être retenue dans la prison de ce corps ». (p219) « l’Epoux éternel lui dit : « Tu vois de quelle gloire sont privés et de quelles peines son punis ceux qui m’offensent. Retourne donc à eux pour leur montrer leur erreur, leur péril et le tort qu’ils se font… Le salut de beaucoup demande ton retour ; tu n’auras plus le genre de vie que tu as gardé jusqu’à présent, tu ne te confineras plus dans une cellule, il te faudra même pour le salut des âmes quitter ta ville natale ; mais je serai toujours avec toi, je te conduirai et te ramènerai. Tu porteras l’honneur de mon nom devant les petits et les grands…Je te donnerai une parole et une sagesse auxquelles personne ne pourra résister. Je te présenterai aux Pontifes, à ceux qui gouvernent l’Eglise et le peuple chrétien, car je veux selon mon habitude, avec ce qui est faible confondre l’orgueil des forts ».

Elle reçoit les stigmates

(II-6 P201) Cela se produisit après une eucharistie lors de l’extase qui suivait : Catherine resta longtemps selon son habitude privée de l’usage des sens… nous attendions qu’elle revint à elle lorsque nous vîmes son corps étendu par terre se soulever un peu, se redresser sur les genoux, et étendre les bras et les mains. Son visage était resplendissant. Elle resta longtemps ainsi, complètement raidie et les yeux fermés. Enfin comme si elle eût été mortellement blessée, elle s’affaissa subitement sous nos yeux et peu de temps après son âme revint à ses sens. Elle me dit alors à voix basse « sachez père que par la miséricorde du Seigneur Jésus je porte ses stigmates sur mon corps »… « La douleur que je ressens en ces cinq endroits et particulièrement au cœur est si grande que sans un nouveau miracle du Seigneur, il me semble impossible de garder longtemps la vie du corps ».(P202) J’eus garde de négliger cet avertissement et rassemblai aussitôt tous les enfants spirituels de Catherine les conjurant de s’unir tous dans une même prière pour obtenir du Seigneur qu’il voulût bien nous laisser encore notre maîtresse. (P203) Le Très-haut ne méprisa pas nos larmes… et le dimanche suivant il sembla  cette fois-ci que son corps…retrouvait de nouvelles forces. (P204) L’absence de toute trace de fatigue ne permit à aucun de nous le moindre doute sur le plein succès de notre prière.

Son dernier sacrifice pour l’Eglise et le salut des hommes

(III-2 p343) Catherine est à Rome et elle ne cessait de crier vers le Seigneur pour qu’il rendît la paix à la sainte Eglise… (p344) mais l’antique serpent (le démon) essayait d’autres attaques plus rudes et plus périlleuses… Il se mit à semer la discorde entre le peuple de Rome et le Pape… Catherine mis toutes ses énergies à prier sans relâche son Epoux… Elle vit en esprit toute la ville remplie de démons qui excitaient le peuple… Mais le Seigneur alléguait les exigences de sa Justice. Catherine fit cette réponse : « puisqu’il n’est pas possible de refuser les exigences de votre justice… que toute peine méritée par ce peuple tombe sur mon corps »… Depuis ce moment, les murmures du peuple commencèrent à s’apaiser puis cessèrent complètement ; mais c’est notre vierge qui par la plénitude de sa vertu dut en porter l’expiation.Les serpents infernaux étaient déchainés par la permission de Dieu… le corps de Catherine eut à souffrir chaque jour des douleurs extraordinaires et toujours croissantes, si bien qu’il eut bientôt la peau collée sur les os et l’apparence d’un cadavre… Catherine n’en continuait pas moins à marcher, à prier et à travailler ; mais cette activité semblait plus miraculeuse que naturelle à tous ceux qui en étaient témoins…(p347) ses douleurs ne firent que croître jusqu’à son heureux trépas le 29 avril 1380.

[1] Les citations proviennent de «La Viede Sainte Catherine de Sienne » – réédité par Ed. Pierre Téqui. Texte original du Bienheureux Raymond de Capoue, l’un des derniers confesseurs de Catherine et écrit entre 1385 et 95, traduit du latin par le R.P. Hugueny, dominicain et édité en 1903 par Ed. Lethielleux. Le chiffre romain correspond à l’une des trois parties de l’ouvrage, le chiffre arabe au  n° du chapitre. Le n° de page correspond à  la nouvelle édition.

Les grandes étapes de l’évolution intérieure de Catherine 2/3

Sainte Catherine de Sienne est une très grande mystique. La série Inquisitio nous présente une image inventée de Catherine qui est radicalement différente du véritable personnage. Le feuilleton la réprésente comme une fausse mystique usant de procédés chimiques (la mandragore) pour faire de faux miracles. Nous l’avons déja vu : ce n’est historiquement pas exact.

Le témoignage de Raymond de Capoue est éclairant sur ce sujet : il décrit une série d’expériences mystiques et de phénomènes que Catherine a connu. Ils ont tous été des grandes étapes de l’évolution intérieure de Sainte Catherine de Sienne. Voici la deuxième partie du récit de ces grandes étapes.

 

Le Seigneur la guide dans les voies de la perfection 

Ce ne fut ni un homme ni un ange, ce fut lui-même qu’il donna comme maître à son épouse bien-aimée. Comme elle me l’a révélé, le Seigneur Jésus-Christ daigna lui apparaitre dès qu’elle se fut enfermée dans sa cellule et l’instruisit pleinement de tout ce qui pouvait être utile à son âme : « Par ses inspirations ou dans ses apparitions manifestes, il me parlait comme je vous parle maintenant »… Elle m’avoua  qu’au début elle craignit tout d’abord qu’il y eût là quelque piège de l’ennemi, qui se transforme si souvent en ange de lumière. Cette crainte ne déplut nullement au Seigneur. C’est alors qu’il lui donne un enseignement pour reconnaitre si la vision vient de Dieu ou du démon. Cet enseignement sera réexposé par la suite dans le Dialogue. (I-8 p82) 

Les derniers états parfaits de « l’ami et de fils » 

(I-11 p112) Après de durs combats alors que le Seigneur avait retiré sa présence elle reçoit un accroissement de grâce : « ma fille…désormais je t’apparaitrai plus fréquemment et plus familièrement ». Le terme de « fille » est utilisé pour la première fois par le Seigneur. (P113) « le Seigneur…amenait avec lui quelquefois sa très glorieuse Mère, ou le bienheureux Dominique, ou bien encore Marie-Madeleine, Jean l’évangéliste, l’apôtre Paul…Mais souvent il venait seul et s’entretenait avec Catherine comme un ami avec son ami le plus intime. Souvent même le Seigneur se promenait avec elle dans la chambre, ils disaient ensemble les psaumes, comme l’auraient fait deux religieux. 

Catherine illettrée apprend miraculeusement à lire 

Je dis qu’elle savait lire sans l’avoir appris d’aucun homme de ce monde… Elle avait été si bien été instruite par Dieu (à sa demande) qu’elle put déchiffrer tous les caractères aussi bien que l’homme le plus instruit. Tout en lisant très rapidement elle n’était pas capable d’épeler… bien plus elle connaissait à peine les lettres. (I-9 p114) 

Le Seigneur Jésus-Christ l’épouse dans la foi 

Son cœur s’éprit du saint désir d’atteindre le degré parfait de la foi…elle se mit donc à demander au Seigneur qu’il voulut bien lui donner une foi plus grande, si solide que nulle force contraire ne pût la briser et l’abattre. Un jour le Seigneur lui répondit : « Tu as rejeté loin de toi et fui à cause de moi toutes les vanités de ce monde…Voici que moi ton Créateur et ton Sauveur je t’épouse dans une foi que tu conserveras sans aucune atteinte, jusqu’au jour où tu célèbreras dans les cieux avec moi, des noces éternelles. Courage donc ma fille, accomplis désormais virilement et sans aucune hésitation toutes les œuvres que l’ordre de ma Providence te remettra entre les mains. Parce que tu es armée de la force de la foi, tu triompheras de tous tes adversaires ». (I-12).

[1] Les citations proviennent de «La Viede Sainte Catherine de Sienne » – réédité par Ed. Pierre Téqui. Texte original du Bienheureux Raymond de Capoue, l’un des derniers confesseurs de Catherine et écrit entre 1385 et 95, traduit du latin par le R.P. Hugueny, dominicain et édité en 1903 par Ed. Lethielleux. Le chiffre romain correspond à l’une des trois parties de l’ouvrage, le chiffre arabe au  n° du chapitre. Le n° de page correspond à  la nouvelle édition.

Les grandes étapes de l’évolution intérieure de Catherine 1/3

Sainte Catherine de Sienne est une très grande mystique. La série Inquisitio nous présente une image inventée de Catherine qui est radicalement différente du véritable personnage. Le feuilleton la réprésente comme une fausse mystique usant de procédés chimiques (la mandragore) pour faire de faux miracles. Nous l’avons déja vu : ce n’est historiquement pas exact.

Le témoignage de Raymond de Capoue est éclairant sur ce sujet : il décrit une série d’expériences mystiques et de phénomènes que Catherine a connu. Ils ont tous été des grandes étapes de l’évolution intérieure de Sainte Catherine de Sienne. Voici la première partie du récit de ces grandes étapes.

La première rencontre

Un premier contact dès l’âge de 6 ans: Elle voit le Christ revêtu des vêtements pontificaux qui lui sourit et la bénit. A partir de cette heure, notre petite enfant montra dans ses vertus et dans ses mœurs la maturité d’une personne avancée en âge, et une sagesse étonnante. Ses parents sont dans l’étonnement. A 7 ans, sur les pas dela Vierge Marieelle fait un vœu secret de virginité. (I-2 p 27[1]).

Vers l’âge de 12 ans elle découvre la « cellule intérieure »

Lorsqu’elle atteint l’âge nubile vers sa douzième année ses parents commencèrent à penser à son mariage comme c’était la coutume. Ils ignoraient son vœu de virginité. « Mais Catherine, sous l’inspiration du Seigneur découvrit les embûches de l’ennemi ; elle se mit immédiatement avec plus de soin et de courage à prolonger ses oraisons…à fuir toute relation avec les hommes et à montrer aux siens par des signes manifestes qu’elle n’entendait nullement se laisser livrer à un époux corruptible et mortel, alors qu’une grâce si précieuse avait commencé de lui donner dès son enfance, comme immortel époux, le Roi des siècles ». (I-4 p44) Elle subit une longue et dure persécution de la part de ses parents ; ceux-ci « décrétèrent que Catherine n’aurait plus de chambre particulière pour s’y retirer et qu’elle serait occupée tout le jour aux différents services de la maison. Ils pensaient ne lui laisser ainsi aucun lieu et aucun moment pour prier et s’unir à son époux. Afin qu’elle parût davantage vouée au mépris, ils congédièrent une fille de service et employèrent notre vierge aux lavages de la cuisine…Rien de tout cela ne l’ébranla. Elle se fit dans son cœur, sous l’inspiration de l’Esprit saint, une cellule bien secrète, d’où elle résolut de ne jamais sortir pour quelque affaire que ce fut. De la sorte au lieu d’avoir comme auparavant une cellule extérieure où elle pouvait s’enfermer quelquefois mais d’où elle devait sortir de temps en temps, il arriva que s’étant fait une cellule intérieure…elle n’en sortait jamais ». (I-4 p46)Cet épisode est rappelé par Dieu lui-même dans « le Dialogue : « …Ceux qui sont sur le chemin de la perfection observent la doctrine qui tu sais, t’a été donnée par ma Vérité (le Seigneur Jésus-Christ) au début de ta vie alors que tu demandais avec un grand désir comment parvenir à la parfaite pureté. Pendant que tu songeais de quelle façon tu pouvais atteindre cet état tu sais ce qui te fut répondu pendant ton sommeil. Mais la réponse ne se manifesta pas seulement dans ton esprit ; le son d’une voix résonna dans ton oreille, de sorte que si tu te souviens bien, tu revins à la conscience de ton corps alors que ma Vérité te disait « veux-tu arriver à la parfaite pureté et être libérée de tout scandale et que ton esprit ne se scandalise plus de rien ? Eh bien tâche d’être toujours unie en Moi par amour… Il te faut faire encore une autre chose…: Quelle que soit la chose que tu puisses voir faire ou dire, par qui que ce soit, contre toi ou contre d’autres, ne jamais jugerla Volontéqui se manifeste en eux et en toi » /ch100.

[1] Les citations proviennent de «La Vie de Sainte Catherine de Sienne » – réédité par Ed. Pierre Téqui. Texte original du Bienheureux Raymond de Capoue, l’un des derniers confesseurs de Catherine et écrit entre 1385 et 95, traduit du latin par le R.P. Hugueny, dominicain et édité en 1903 par Ed. Lethielleux. Le chiffre romain correspond à l’une des trois parties de l’ouvrage, le chiffre arabe au  n° du chapitre. Le n° de page correspond à  la nouvelle édition.

Catherine de Sienne selon Raymond de Capoue

Catherine est née à Sienne en 1347 dans un milieu d’artisans aisés qui travaillent dans les tissus. La famille vit dans la paroisse des dominicains et Catherine fréquente l’église Saint Dominique et toute sa vie sera imprégnée de l’esprit dominicain.

Vers l’âge de 6 ans elle fait une expérience décisive. Elle voit au dessus de l’église St Dominique le Christ revêtu des vêtements pontificaux entouré des apôtres Pierre, Paul et Jean et de Saint Dominique. Elle voit le Christ lui sourire et la bénir. A partir de ce moment elle se donne à lui sans réserve et apprend progressivement à fonctionner à partir de « la cellule intérieure » du cœur et à converser avec Dieu trinité. En bravant la résistance de sa famille elle s’engage finalement dans une vocation religieuse audacieuse en rejoignant à 16 ans une fraternité laïque dominicaine. Cette fraternité rassemble des hommes et des femmes mariés ou célibataires qui habitent chacun chez soi. Une vie sacramentelle commune et des enseignements les rassemblent régulièrement. Les membres de la fraternité se consacrent aux soins des démunis et en particulier des malades et des prisonniers.La Règle exige que les membres se réconcilient avec leur prochain ce qui les conduit à intervenir dans des conflits domestiques ou publics. Catherine vit dans un premier temps une vie solitaire et très frugale dans la contemplation du Père.

Puis à 20 ans, elle est « épousée dans la foi » par Dieu et appelée à l’apostolat.

A 23 ans elle vitla Passionet une mort mystique ; c’est le temps d’un autre envoi parmi les grands de ce monde. Une communauté ambulante, « la famille », ou la « belle brigade » se forme autour d’elle et l’accompagne dans tous ses déplacements en vivant d’aumônes.

A 25 ans elle entreprend une correspondance intense avec des hommes et des femmes qui peuvent contribuer à la réforme des états et de l’Eglise dans la justice et la paix (370 lettres). Deux ans plus tard la peste fait rage à Sienne et Catherine s’engage sans relâche au service des malades. Elle contracte la maladie mais en guéri comme certains membres de sa communauté grâce à son intervention.

A 28 ans en voyage à Pise elle reçoit les stigmates. Un an plus tard elle se rend à Avignon pour s’entretenir avec le Pape Grégoire XI au sujet de la réforme de l’Eglise et de son retour à Rome. Elle intervient ensuite inlassablement dans les conflits entre les grandes cités, dans le nouveau schisme de l’Eglise à la suite de la mort de Grégoire XI. C’est en 1378, environ deux ans avant sa mort lors d’extases que Catherine dictera l’enseignement qu’elle reçoit de Dieu sous forme de  « Dialogue ». Au cours des dix-huit derniers mois de sa vie Catherine prend sur elle le conflit entre le peuple romain et le Pape. Elle endure un martyre qui finit par causer sa mort après une longue agonie le 29 avril 1380.

Petite biographie inspirée de « La Vie de Sainte Catherine de Sienne » – réédité par Ed. Pierre Téqui. Texte original du Bienheureux Raymond de Capoue, l’un des derniers confesseurs de Catherine et écrit entre 1385 et 95, traduit du latin par le R.P. Hugueny, dominicain et édité en 1903 par Ed. Lethielleux.