Hérésies cathares : polémiques et petites phrases…

Polémiques et petites phrases…

• Les croisades contre les albigeois ne sont pas une entreprise menée par le Pape destinée à déposséder le comte de Toulouse de ses terres du Languedoc. En effet, à aucun moment le Languedoc n’est revendiqué par le Pape. Le traité de Meaux le cède en 1229 à la couronne de France.

• Les croisades contre les albigeois ne sont pas non plus une entreprise menée par la dynastie capétienne à des fins de conquête territoriale, puisqu’à l’origine, Philippe Auguste ne voulait pas y participer. La confiscation de territoire est une pratique normale lorsqu’un seigneur se rebelle contre l’autorité. Elle a été une conséquence de la défaite de Raymond 7 et non une finalité.

• Les croisades contre les Albigeois ne sont pas l’expression du fanatisme chrétien. Défendre l’orthodoxie chrétienne est, à cette époque, non seulement normal mais fait même partie des bonnes actions que tout un chacun se doit de mener. Les croisades et l’Inquisition ont été généralement bien accueillies par l’homme du 12ème siècle à qui l’hérésie fait profondément horreur.

• Le Pape a du sang sur les mains… de manière toute relative ! La prise d’armes intervient après une longue période de prédication et de catéchèse. Elle a été évitée le plus longtemps possible. Les actions militaires sont l’œuvre de seigneurs temporels et des rois de France. La prise de Montségur est un acte militaire, elle a été faite par des soldats, non par des religieux. Les parfaits qui brûlèrent à Montségur se sont immolés, ils n’ont pas été précipités dans le bûcher par l’Eglise. Parallèlement aux actions militaires, l’Eglise continue sa politique de mission et de prêche qui n’a jamais été abandonnée au profit exclusif des armes.

• Les cathares ne sont pas de doux innocents qui se sont laissé massacrer sans rien dire. Le Comte de Toulouse massacre les habitants de Pujols en 1213. Les cathares, minoritaires, ne reculent pas devant la force pour s’imposer : ‘’Pierre Clergue faisait couper la langue d’une ex-camarade. Les Junac, eux, étranglent de leurs blanches mains, ou peu s’en faut, le père de Bernard Marty, suspect de trahison à leur égard’’. In Montaillou, village occitan d’Emmanuel Le Roy Ladurie.

• Les croisades contre les Albigeois n’ont pas été un génocide. Les cathares restent minoritaires, même si l’hérésie se répand vite. Leur suppression n’a pas laissé le pays exsangue ni démographiquement, ni économiquement (Histoire des cathares de Michel Roquebert).

• Enfin, last but not least, la fameuse petite phrase ‘’Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens’’ qui aurait été prononcée par Arnaud Amaury au sac de Béziers en 1209 est clairement apocryphe. La formule ne figure dans aucune source d’époque. Elle apparaît cinquante ans plus tard dans le Livre des miracles écrit par Césaire de Heisterbach, moine allemand dont Régine Pernoud précise qu’il est ‘’un auteur peu soucieux de l’authenticité’’.

2 réponses sur “Hérésies cathares : polémiques et petites phrases…”

  1. Que cette série ne soit pas d’une justesse historique irréprochable, dont acte, mais de là à réhabiliter la Sainte Inquisition, ce site ne parviendra pas à en faire une oeuvre de bienfaisance. L’affaire relatée et dénoncée par Voltaire du chevalier Lefebvre de la Barre, moins éloignée de nous, n’incite pas à toutes les justifications possibles !

    1. Cher Rackam, tu peux être rassuré notre objectif n’est pas de rétablir l’Inquisition ! Tu n’as sans doute pas lu tout les articles http://www.linquisitionpourlesnuls.com/2012/07/224/la-position-de-leglise-sur-linquisition/ mais de sortir des clichés véhiculés et certaines contre vérité dont celle sur Catherine de Sienne qui sont particulièrement choquantes (et même des contre vérités). Après entre fantasmes et réalité historique, il y a parfois un gap, qui demande de la subtilité, et permet aussi de découvrir une époque méconnue qui avait ses richesses (même si la torture et les condamnations à morts n’en font évidement pas partie !).

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *