Idée reçue : « Au Moyen-Age, il y a la guerre tout le temps… »

Encore une idée reçue : « Au Moyen-Age, il y a la guerre tout le temps… et d’ailleurs, les nobles aiment se battre… »

Ce n’est pas tout à fait vrai ! Il y a un conflit majeur tous les 80 ans seulement. Le reste du temps est émaillé de petits affrontements locaux.

Les deux différences notables avec nos guerres contemporaines sont la taille des armées en présence et la localisation des conflits. Les armées médiévales regroupent quelques milliers d’hommes seulement (un millier classiquement, quelques milliers pour les ‘’grandes batailles’’ comme Bouvines, Crécy ou Azincourt). Ils sont bien protégés et les guerres sont souvent des guerres de siège. Il y a donc globalement peu de morts mais plutôt des dégâts matériels. De plus, les conflits restent géographiquement très localisés. Les guerres touchent rarement l’ensemble du territoire. On peut guerroyer en Normandie et être en paix à Paris. On voit aisément que les guerres médiévales n’ont rien à voir avec nos conflits contemporains massivement destructeurs. Notre époque de camps de concentration, de goulag et de génocides a beau jeu de s’offusquer de la ‘’sauvagerie’’ médiévale !

L’Eglise ne reste pas les bras croisés face à la question des guerres. Dès le XIe siècle, elle introduit dans les obligations du chevalier celle de mise au service de Dieu et de protection des faibles. L’Eglise combat les guerres privées dont les paysans font en grande partie les frais. Elle introduit dans la société féodale la paix de Dieu et la trêve de Dieu qui sont deux moyens pour limiter les effets dévastateurs des guerres : il est interdit aux seigneurs d’enrôler des paysans, des marchands et des clercs à la guerre et la guerre est interdite les dimanches, les jours de fête religieuse, pendant le Carême et l’Avent, limitant ainsi les jours de guerre à la moitié de l’année seulement.

La noblesse et les chevaliers n’aiment pas la guerre plus que nos contemporains ! Pour eux, la guerre est une perte en hommes et en argent, obligeant souvent à aliéner ses biens et à s’endetter. On ne peut pas affirmer qu’il y ait eu recherche de la guerre de la part de la noblesse au détriment des populations.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *