Idée reçue sur le Moyen Age : « La féodalité, c’est la tyrannie »

 

La féodalité au Moyen Age

Encore une autre idée reçue sur le Moyen Age : « La féodalité, c’est la tyrannie » (variante : « la féodalité, c’est l’anarchie »)

Bien que tyrannie et anarchie soient deux régimes aux antipodes l’un de l’autre, la féodalité leur a souvent été associée, preuve s’il en fallait que ce type d’organisation sociale est très mal connu.

La féodalité est un ordre social à part entière, qui n’est fondé ni sur l’arbitraire, ni sur l’anarchie. Notre époque, éprise d’uniformité et d’égalitarisme, a du mal à concevoir une société émaillée de seigneurs, de coutumes et de droits locaux. La féodalité est le fruit de circonstances particulières. La chute de l’empire romain d’Occident au Ve siècle et les invasions barbares ont fait naître, de manière empirique mais bien réelle, des pouvoirs locaux. Rome n’étant plus capables de protéger les citoyens, des chefs de bande, des maîtres de domaines ou des hommes d’Eglise reconnus s’imposent sur un territoire donné. Ils en deviennent les seigneurs. Ils maintiennent une certaine cohésion politique, battent monnaie, rendent la justice et surtout obéissent à la coutume et non à leur bon plaisir. Le système des vassaux et des fiefs s’établit et se pérennise. La féodalité, organisation très codifiée, est donc à l’opposé de la tyrannie et de l’anarchie à la fois. C’est elle qui sauva le royaume franc du chaos. Quand Charlemagne restaure la puissance impériale trois siècles plus tard, la féodalité est en place. Il doit faire avec.

Remarquons qu’aujourd’hui, on voit se développer en France des polices parallèles (vigiles, sécurités) dans certains quartiers car la police d’état est malheureusement débordée. C’est un retour au système féodal. Lorsqu’une région demande de l’autonomie vis-à-vis de l’Etat, on peut également y voir un retour au système féodal.

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