Idée reçue : « au Moyen Age, la femme n’a aucun rôle »

Idée reçue : « au Moyen Age, la femme n’a aucun rôle »

Quelle est la place de la femme au Moyen Age ?

La Genèse précise bien que « Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa, homme et femme il les créa ». Ce qui  signifie que si l’un a une âme, l’autre aussi… La femme est créée à partir d’Adam, donc elle est un humain, elle est issue d’Adam. Pourquoi est-elle créée à partir d’une côte ?  Pour Thomas d’Aquin, si elle était créé à partir de la tête, cela signifierait qu’Eve est supérieure à Adam. Si elle était créée à partir du pied, cela signifirait qu’Eve est inférieure à Adam. Si créée à partir d’une côte – le centre – cela signifie que la femme est l’égale de l’homme.

Les femmes étant plus assidues que les hommes dans la pratique du culte, c’est donc sur elles que comptent également les hommes d’Église pour garantir le respect des quelques exigences de  l’Église – communion et confession une fois l’an. De même, l’étude des exempla – petites histoires permettant au prédicateur ou au confesseur d’expliquer un point de doctrine ou de morale – révèle que les ecclésiastiques considéraient généralement la femme comme le pivot de la famille.

Dans les manuels de confesseurs, on trouve également nombre de « situations » concernant les femmes – sans doute parce qu’elles se confessaient plus souvent. Et, à chaque fois que la recommandation concerne le couple, il est clair que le confesseur voit dans la femme l’élément apaisant, pacifiant de la famille et la pousse à remplir pleinement ce rôle. Un rôle, défini clairement par les canonistes, qui tient largement compte des exigences du monde féodal.

Robert de Sorbon, célèbre théologien du XIIIe siècle à qui l’on doit la fondation de l’université qui porte son nom, a évoqué à maintes reprises la place des femmes à travers ses exempla et plus particulièrement des femmes enceintes.

Avec constance, note Nicole Bériou, il déclare à plusieurs reprises qu’elles doivent être l’objet de toutes les attentions. Ne voit-on pas qu’en certaines contrées, la loi punit d’une amende sept fois plus lourde le meurtre d’une femme enceinte que celui d’un homme ? Et ne crie-t-on pas quelquefois dans la foule, à Paris, pour les protéger : « Écartez-vous, voilà une femme grosse ! » ?

Certes, l’Église a toujours fait la promotion d’une femme épouse et mère, mais est-ce donc si réducteur quand on sait que l’Église est épouse elle aussi ? Il y a des femmes abbesses, des femmes reines et princesses, cette promotion n’est possible qu’avec le christianisme. Il y a aussi des femmes saintes, des femmes qui écrivent et qui prient.

Les martyrs des premiers siècles sont souvent des femmes, à l’image de Sainte Agnès, par exemple. Au XIIe siècle, Hildegarde de Bingen. Le XIIIe siècle est l’époque des mystiques dont beaucoup de femmes. La place de la femme devient de plus en plus importante.

Aujourd’hui, de nombreuses femmes ont été déclarées Docteurs de l’Eglise – on leur reconnaît une autorité exceptionnelle dans le domaine de la théologie et une foi extraordinaire. C’est le cas de Sainte Catherine de Sienne, que pourtant la série Inquisito tourne en dérision, qui est également patronne de l’Europe.

 

2 réflexions sur « Idée reçue : « au Moyen Age, la femme n’a aucun rôle » »

  1. « Certes, l’Église a toujours fait la promotion d’une femme épouse et mère, mais est-ce donc si réducteur quand on sait que l’Église est épouse elle aussi ? Il y a des femmes abbesses, des femmes reines et princesses, cette promotion n’est possible qu’avec le christianisme. »

    Certes, avant le christianisme, il n’y eût ni vestales, ni princesses, ni reine, ni impératrice, et encore moins de femmes reconnues dans la religion païenne (de l’enlèvement des sabines aux Déesses).

  2. Pas de prostituées sacrées non plus. Certains trouveront cela très passé de mode, voire  » intégriste  » comme on dit dans les médias !

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